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Le 16 novembre 2011, préalablement à l’organisation du 7ème Forum des Pôles de Compétitivité organisé à Sophia Antipolis (auquel on participé Jean Pierre HENRY, représentant Europe de la CCI NCA et Luc TOURNAIRE, représentant du projet ERMIS) la CCINCA a accueilli au sein des ses locaux, pour la 2ème année consécutive, la réunion des membres du projet TACTICS (Transnational Alliance of Clusters Towards Improved Cooperation Support) : http://www.proinno-europe.eu/page/project-overview-4
Ce projet est porté par 7 partenaires européens, agences ou autorités de financement de l’innovation (le coordinateur, Oseo (France), Veneto Innovazione, (Italie), Northwest Development Agency (RU), VINNOVA (Suède), TMG (Autriche), IWT (Belgique), PAED (Pologne)). Cette initiative reçoit le soutien d’ECA (European Cluster Alliance/Alliance Européenne des clusters) qui rassemble 80 organismes publics de soutien à l’innovation et aux clusters.
L’objectif du projet TACTICS est de renforcer les actions et mécanismes financiers des politiques de clusters au profit des PME. Ces organismes de soutien de l’innovation ont pour objectif d’améliorer leur coopération et de favoriser l’internationalisation des pôles et clusters en développant des initiatives concrètes sur les sujets suivants :
Qu’est-ce qu’un cluster ?
Il s’agit d’un lieu présentant une concentration au dessus de la moyenne de sociétés industrielles et d'organismes de recherche et d'enseignement supérieur, opérant dans un domaine particulier à un niveau de classe internationale ou visant à le devenir rapidement ; chaque domaine étant renforcé par la présence d'un capital risque et l'appui de l'Etat et des collectivités territoriales. L'ensemble des acteurs qui le composent partagent une vision commune de sa dynamique de croissance et de sa stratégie d'innovation. En France on associe la notion de cluster au pôle de compétitivité. Les clusters, pivots et catalyseurs du tissu diversifié de PME, représentent un instrument important de revitalisation des économies régionales et un véritable tremplin pour l’export. Ils ont le potentiel de minimiser les risques de délocalisation en renforçant la coopération locale entre instituts de recherche et PME innovantes, de lutter contre le phénomène de la fuite des cerveaux à l’étranger et d’attirer les compagnies et investisseurs étrangers. En favorisant une fertilisation croisée intersectorielle, les pôles peuvent instaurer un leadership européen durable sur des niches innovantes dans les années à venir.
En outre, la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur a développé, dans le cadre de la nouvelle stratégie retenue par son Schéma régional de développement économique, les PRIDES (Pole Régional d’Innovation et de Développement Economique Solidaire) réseau d’entreprises labellisé ayant des objectifs communs et des projets coopératifs. Ainsi la Région soutient une approche globale de la compétitivité des entreprises, non limitée à la seule innovation technologique : le social, l’environnement, la formation des salariés, l’export et l’usage renforcé des technologies de l’information et de la communication sont aussi considérés comme facteurs de performance. Les 26 PRIDES de Provence-Alpes-Côte d’Azur comptent plus de 2500 membres à ce jour, dont plus de 1950 PME.
Quelles sont les grandes étapes de la politique européenne des clusters ?
La commission européenne a présenté en décembre 2008 une communication sur le thème « vers des clusters de classe mondiale dans l’Union européenne » et la mise en œuvre d’une stratégie d’innovation avec trois objectifs prioritaires.
M. Nikos PANTALOS, Responsable de la politique européenne des clusters, à la Direction Générale Entreprises et Industrie de la Commission européenne, rappelle que l’enjeu n’est pas d’établir une approche harmonisée des clusters en Europe mais de permettre à chaque région de préserver son autonomie en développant sa propre politique de clusters. Le rôle de la Commission consiste alors à accompagner les régions dans leurs actions, à promouvoir la coopération transnationale et l’excellence de la gestion des clusters.
Une base de données a été élaborée dès 2006 - l’observatoire européen des clusters - afin d’établir une cartographie détaillée des clusters au sein de l’Union et renforcée en 2007 par un mémorandum de coopération politique - l’alliance européenne des clusters - afin de développer de meilleures politiques en Europe sur ne nombre de domaines prédéfinis.
Trois initiatives ont récemment été lancées afin de proroger les actions de soutien aux clusters jusqu’en 2013 :
Existe-t-il des opportunités de coopération en matière de clusters avec les pays du bassin méditerranéen ?
Jean-Noël DURVY, directeur général de la Fondation Sophia Antipolis, a présenté, lors de la réunion Tactics, une étude concernant les opportunités de coopération en matière de clusters avec les pays du bassin méditerranéen (Algérie, Maroc, Tunisie, Liban, Chypre, Grèce, Turquie et Israël). Il en ressort une participation non négligeable des pays du bassin méditerranéen au 7e Programme-cadre européen de recherche et de développement technologique (FP7).
Sur plus de 12 000 projets, environ 3 000 concernent ces pays de la rive Sud de la Méditerranée, dont 40% sont attribués à la Grèce. La répartition des secteurs clefs est la suivante : 36% NTIC, 13% Environnement, 13% Coopération des PME, 11% Santé, 11% Transports, 11% Knowledge Based Bio-Economy (KBBE) et 5% Energie. Il est important de préciser que la plupart des pays étudiés ont développé des politiques de Parcs Technologiques et Scientifiques et non un réelle politique de clusters. Les deux pays tirant leur épingle du jeu sont la Turquie et le Maroc, grâce à leur potentiel de coopération et les progrès qu’ils ont effectués tout au long de ces dix dernières années. La Turquie dispose, par exemple, de plus de Parcs Technologiques et Scientifiques que le Portugal et les Pays-Bas réunis.
Par conséquent, il devient urgent de considérer ces pays du bassin méditerranéen comme de potentiels partenaires dans la coopération des clusters, bien que cela nécessite un effort à moyen-long terme.
La CCI NCA œuvre dans la direction préconisée par les experts TACTICS, en particulier en pilotant le projet SHMILE 2, projet européen de coopération transfrontalière sur le bassin maritime Méditerranéen qui rassemble 10 partenaires sur le pourtour de la Méditerranée, rives nord et sud, Egypte, Jordanie, Tunisie. Il vise à promouvoir la durabilité environnementale du secteur du tourisme. Son objectif spécifique est de promouvoir la certification du label écologique européen "Ecolabel - Services d'hébergement touristique" dans les Pays européens et d’encourager le développement de la certification environnementale auprès des hébergeurs touristiques des Pays Tiers en Méditerranée.