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Conjoncture : comment se porte l’économie azuréenne ?

Les données publiées par SIRIUS, l’observatoire économique de la CCI, pour l’année 2020 confirment, s’il en était besoin, l’impact de la crise sanitaire sur l’économie azuréenne. En attendant un rebond post-déconfinement ?

Confinements, fermetures, limitation du nombre de clients, baisse de la demande… l’année 2020 a été un défi inédit pour les chefs d’entreprise. Dans le cadre de l’enquête de conjoncture réalisée par la CCI auprès d’un panel représentatif de tous les secteurs d’activité, des bassins économiques et des tailles d’établissements, 1 500 entreprises des Alpes-Maritimes sont consultées chaque trimestre depuis début janvier. On assiste au spectaculaire décrochage de l’indicateur d’appréciation de l’activité et des carnets de commandes dès le début de la crise sanitaire, qui reste à un niveau extrêmement bas, même contextualisé avec d’autres évènements marquants sur le territoire. « L’impact du Covid sur notre économie l’an dernier a été très important, d’autant qu’il intervient après d’autres épisodes ayant impacté le moral des chefs d’entreprises azuréens et les carnets de commandes : attentats de juillet 2016, crise des gilets jaunes en 2018 et 2019, ont précédé le premier confinement en mars 2020 », rappelle Jean-Pierre Savarino, président de la CCI Nice Côte d’Azur.

En 2020, près de 46 % des entreprises azuréennes ont connu une baisse ou un arrêt d’activité. Dans le secteur des services, ce taux monte à – 54 %. Tous les bassins ont été touchés, ceux de Menton (-23 % de CA) et Cannes (-22 %) en tête.  Le chiffre d’affaires enregistre un recul historique de 10,5 % toute activité confondue. Les plus impactés sont les entreprises liées au tourisme. Les professionnels de la filière hôtels-cafés-restaurants ont ainsi perdu plus de 50 % de leur chiffre d’affaires (-52,5 %).

Les commerçants ont également enregistré un fort repli, surtout dans l’équipement de la personne. Les services ne sont pas mieux lotis avec une baisse moyenne de 25,5 % dont -13,5 % pour les services aux entreprises.

Pour autant, certaines filières ont tiré leur épingle du jeu, voire bénéficié de retombées positives. L’alimentaire – dopé par le report de consommation – affiche ainsi une légère hausse (1,5 %). Des industries telle que la chimie et l’alimentaire ont également bénéficié d’une croissance respectivement de 5,5 % et de 1 %. La métallurgie en revanche a subi une perte de – 18,5% et la filière BTP, après une bonne année 2019, accuse une chute de – 19 %.

L’emploi épargné ? Au regard du ralentissement des activités, celui-ci affiche une baisse modérée de – 4 % dont un bilan neutre pour l’industrie, et même un léger regain de 0,5 % pour la construction. L’hémorragie touche surtout le commerce (-5,5 %), les services (-6,5 %) dont -20 % pour les cafés-hôtels-restaurants.

Des résultats à porter au crédit des aides massives de l’État, qui ont permis d’amortir cette récession historique. Mais cette politique sous perfusion rend les perspectives de sorties de crise incertaines. La fin, même progressive, des aides préoccupe en effet les dirigeants : 20,5 % d’entre eux envisagent des réductions d’effectifs. Cette dégradation est encore plus forte dans les services (27 %). Toutefois 72 % des entreprises espèrent ne pas toucher à leurs effectifs, à condition que les mesures de soutien soient retirées progressivement, par exemple.

Et après ?  Le déconfinement devrait permettre à un grand nombre de secteurs économiques à l’arrêt de se remettre en activité. La croissance sera-t-elle au rendez-vous ? Les trois confinements ont augmenté l’incertitude des dirigeants à cette réponse. Ils étaient 28 % en avril 2020 à douter d’un retour à la normale à court terme. Le taux est actuellement de 43 %.

Bien que le contexte sanitaire et économique soit encore instable, les chefs d’entreprise anticipent une amélioration de l’activité qui ne compensera que partiellement le recul observé en 2020. Une hausse des chiffres d’affaires est attendue dans les services marchands, dans l’industrie, et dans la construction.

Si les dépenses d’investissements devraient être orientées sur une hausse mesurée dans l’industrie avec des programmes de mises aux normes, un repli de plus faible ampleur qu’en 2020 serait observé dans les services marchands et dans la construction. L’emploi devrait progresser faiblement dans l’industrie et dans la construction. En revanche, il pourrait amorcer une amélioration dans les services marchands.

La baisse de la demande arrive en tête des principales causes des difficultés actuelles et à venir. Au 4e trimestre, 69 % des entreprises ont subi une importante baisse de la demande. Mécaniquement, cela se traduit par des difficultés de trésorerie. Mais les dirigeants ne baissent pas les bras. Ils sont 48 % à rester confiants ou très confiants dans la capacité de reprise de leur entreprise. Un taux qui atteint 19% pour leur confiance en l’économie locale, 12% pour l’économie française et 16% pour l’économie mondiale.

« Conjoncture économique des entreprises des Alpes-Maritimes – Mars 2021 »

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