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Depuis le 12 octobre 2026, l’Agence Nationale de la Sécurité des Systèmes d’Information (ANSSI) est mobilisée sur une campagne de cyberattaques visant les contrôleurs à distance des installations de réfrigération. Très médiatisée dans la grande distribution, la menace concerne en réalité tous les secteurs qui utilisent du froid. Si vous êtes concernés, appliquez ces mesures sans attendre.

Le CERT-FR, le centre gouvernemental de veille et de réponse aux attaques informatiques rattaché à l’ANSSI, a publié le 12 octobre 2026 le bulletin d’alerte CERTFR-2026-ALE-012, intitulé « Incident de sécurité ciblant les contrôleurs à distance des installations de réfrigération ». Il a été complété le 13 octobre par de nouveaux équipements ciblés, puis le 16 octobre par une mise à jour des recommandations.

Les équipements identifiés sont des contrôleurs à distance dont l’interface de gestion était directement accessible depuis Internet : Danfoss séries AK-SM et AK-SC, Copeland xweb et Dixell xweb. Ces équipements restent vulnérables. Un attaquant qui en prend le contrôle peut faire dysfonctionner le système de refroidissement : arrêt des groupes froids ou hausse de la température. Pour un laboratoire, une pharmacie, une chambre funéraire ou un site industriel, les conséquences peuvent être lourdes : produits perdus, rupture de la chaîne du froid, arrêt d’activité.

Qui est concerné ? Bien au-delà des supermarchés

La grande distribution a été la plus exposée médiatiquement, mais l’ANSSI insiste : toute organisation équipée d’installations de réfrigération pilotées à distance est une cible potentielle. Sont particulièrement visés :

  • Santé et pharmaceutique : établissements de soins, officines, distributeurs, stockage de médicaments et de vaccins
  • Funéraire : chambres mortuaires et funérariums
  • Recherche : laboratoires et plateformes scientifiques
  • Énergie : gaz et hydrocarbures
  • Industrie, chimie et haute technologie : process sous température contrôlée, salles propres
  • Bâtiment et infrastructures : réseaux de chaud et de froid, gestion technique du bâtiment (GTB) et gestion technique centralisée (GTC)
  • Agroalimentaire, restauration et hôtellerie : chambres froides et vitrines réfrigérées

Sur la Côte d’Azur, où la santé, les sciences du vivant, la recherche, l’hôtellerie-restauration et le commerce alimentaire pèsent lourd dans le tissu économique, la vigilance s’impose à tous les dirigeants et responsables techniques.

Les réflexes à adopter dès maintenant

Le CERT-FR distingue deux situations.

Vos équipements ne sont pas compromis

  • Sortez de la zone de danger : supprimez l’exposition Internet des unités concernées et de toutes celles publiées sur une adresse IP publique. Avant de couper la remontée de données vers votre prestataire frigoriste, vérifiez les conditions de votre contrat d’assurance.
  • Vérifiez vos réglages : contrôlez l’intégralité de la configuration, notamment les plages de dégivrage.
  • Rétablissez le service de façon sécurisée : rouvrez l’accès uniquement via un VPN sécurisé ou un réseau protégé. Le filtrage des adresses IP des prestataires sur un pare-feu peut dépanner en urgence, mais ce n’est pas une solution durable.
  • Appliquez les bonnes pratiques du constructeur : mise à jour du firmware, activation du niveau de sécurité « Strict » (Danfoss), changement des mots de passe par défaut.

Vos équipements sont compromis (ou vous le soupçonnez)

  • Coupez l’exposition : isolez immédiatement les équipements d’Internet.
  • Nettoyez : pour Danfoss, redémarrez l’équipement ou, à défaut, restaurez-le en configuration d’usine, puis reconfigurez-le avant toute remise en service.
  • Sécurisez le retour en service : accès par VPN ou réseau protégé uniquement, mise à jour, mots de passe changés.
  • Signalez l’incident : contactez le CERT-FR (cert-fr@ssi.gouv.fr ou 3218, ou via cert.cyber.gouv.fr/contact).

    « N’effectuer qu’un Reset Factory est dans ce cas insuffisant. » Bulletin CERTFR-2026-ALE-012, à propos des équipements en fin de vie non corrigés exposés sur Internet.

Le CERT-FR précise en effet qu’une réinitialisation d’usine supprime les éventuelles persistances de l’attaquant, mais laisse l’équipement vulnérable s’il reste exposé. Un matériel en fin de vie, sans correctif, accessible depuis Internet présente un risque très élevé de compromission.

Des points de vigilances

L’attaque rappelle une règle de base que l’ANSSI martèle : ne jamais connecter un équipement directement à Internet, même pour la télémaintenance. La facilité d’accès offerte à un prestataire devient une porte d’entrée pour un attaquant. Les solutions plus sûres existent : VPN, bastion d’administration, réseau dédié. L’ANSSI tient la documentation nécessaire à disposition des entreprises. « L’exposition d’une interface de gestion sur Internet va à l’encontre des bonnes pratiques. »  Bulletin CERTFR-2026-ALE-012.

Concrètement, interrogez dès aujourd’hui votre frigoriste ou votre mainteneur : vos contrôleurs sont-ils joignables depuis Internet ? Par quel moyen se connecte-t-il ? Les mots de passe par défaut ont-ils été changés ?
Restez informé et faites-vous accompagner

Suivez l’alerte : consultez régulièrement le bulletin CERTFR-2026-ALE-012, mis à jour par l’ANSSI.

Compromission avérée ou suspectée : contactez le CERT-FR par mail ou 3218.

La CCI Nice Côte d’Azur est à vos côtés

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Personne marchant près d’un mur en béton avec une canne blanche, symbolisant l’accessibilité et l’inclusion.

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