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Entretien avec Jean-Pierre Blanc, directeur général de Malongo (Carros)

“Le commerce équitable est un modèle économique structuré et structurant”

Le torréfacteur azuréen Malongo, chantre du commerce équitable, a été une nouvelle fois distingué par le prix Fairtrade porté par les associations Fairtrade International et Max Havelaar qui définissent les standards internationaux du commerce équitable et assurent la promotion du label associé. Entretien avec son directeur général, Jean-Pierre Blanc.

Présentez-nous votre entreprise, votre histoire…

Malongo, c’est une grande aventure qui a commencé en 1934, à Nice, avant de se développer, à partir de l’après-guerre, dans le sud-est d’abord, puis sur le territoire national et enfin à l’international. Son activité principale, c’est le café, sa philosophie, le commerce équitable. Dans ce cadre, nos activités sont plurielles. Nous sommes importateurs et travaillons notamment avec des coopératives de petits producteurs que nous mettons en place et structurons de manière à être certifiées Fairtrade, Max Havelaar et biologique. Nous sommes ainsi présents en Amérique centrale, en Afrique de l’est et en Asie. Nous avons également une activité de torréfaction, sise à Carros, avec une unité de production et des lignes de conditionnement. Nous produisons aussi l’ensemble de notre système à dose en papier naturel et disposons d’un bureau d’études, à La Gaude, pour tout ce qui est machines à café et technique en général. Enfin, ces produits, nous les vendons en grande distribution, en CHR (Café-Hôtellerie-Restauration), dans les bureaux, à l’export, par internet et en boutiques (quatre en France, deux aux Philippines et, dès mars prochain, une en Géorgie). L’entreprise emploie 400 personnes pour un chiffre d’affaires de 120 millions d’euros.

Quels sont les atouts qui, selon vous, ont fait la différence pour obtenir ce prix Fairtrade ?

Ma rencontre au Mexique, en 1992, avec le prêtre ouvrier Francesco van der Hoff, un des théoriciens du commerce équitable et cofondateur du label Max Havelaar. Cela m’a amené à être proactif et acteur du développement du commerce équitable dans tous les circuits de distribution, dont la grande distribution avec une première offre de boîte de café équitable, incarnée par cette photo de petits producteurs que j’ai prise en 1993 et qui reste, je pense, le symbole de la conquête du commerce équitable. J’ai tout de suite cru à cette façon de voir les choses : il ne s’agit pas de charité, mais de payer le juste prix, d’assurer des contrats à long terme, avec un prix minimum et des primes sociales pour permettre à ces petits producteurs l’autonomie et la visibilité. En contrepartie, il y a des attentes de qualité de produits et de respect de l’environnement au travers notamment d’un accompagnement vers l’agroforesterie et l’agriculture biologique. C’est une démarche globale et un modèle économique structuré et structurant.

Quels sont vos projets en cours pour le développement de votre entreprise ?

La Covid a été une catastrophe, surtout sur le segment CHR où nous nous attendons à un atterrissage à -40, -45% en volume et en chiffre d’affaires. A l’inverse, nous avons bénéficié du report de consommation vers la grande distribution et connu une explosion de notre activité VAD (pour vente à distance). Toutefois, cette crise est l’occasion de réfléchir à comment rebondir, avec la volonté d’accentuer ce que nous avons fait ces dernières années en termes de commerce équitable. C’est notre grande force et elle répond aux attentes des consommateurs. D’où notre plan de développement 2021 qui prévoit, entre autres, un redéploiement de notre activité sur le segment CHR à travers une offre de produits élargie, focus sur le bio et le commerce équitable, une accélération de notre activité VAD avec l’ouverture de la Suisse et le lancement d’un site dédié e-CHR, ou encore la sortie de nouveaux produits comme, par exemple, une gamme autour du cold brew (café infusé à froid).

Quel dirigeant êtes-vous ?

L’entreprise Malongo, c’est un peu comme une poupée gigogne, avec une segmentation horizontale. De ce fait, j’essaie que mes collaborateurs soient autonomes pour me concentrer sur la vision collective de ce que sera demain la société, et surtout pour maintenir le flux commerce équitable. J’essaie également d’impliquer chaque salarié qui, tous, ont été formidables pendant cette période difficile. Dans chacun d’eux, il y a une pépite que 2020 nous a permis de découvrir.

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Malongo (siège)
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