Par arrêté préfectoral du 1er juin 2026, l’ensemble du département des Alpes-Maritimes est placé en situation de vigilance sécheresse.
Le préfet des Alpes-Maritimes, Laurent Hottiaux, a signé le 1er juin 2026 un arrêté préfectoral plaçant l’ensemble du département en vigilance sécheresse, premier stade du dispositif de gestion de la pénurie d’eau. Cette décision fait suite à la consultation du comité ressource en eau des Alpes-Maritimes, tenue le 29 mai 2026, et s’appuie sur un faisceau d’indicateurs convergents témoignant d’une situation hydrologique anormalement dégradée à l’entrée de l’été.
Ce premier niveau d’alerte a pour objectif principal d’informer et de sensibiliser les particuliers, les collectivités et les acteurs économiques …, sur les risques qui pèsent sur la ressource en eau du département. Les maires sont invités à relayer ces informations auprès de leurs administrés et peuvent décider de mesures complémentaires.
Des données chiffrées
Le déficit en eau touche l’ensemble du cycle hydrologique : précipitations, nappes phréatiques et cours d’eau.
Les chiffres clés de la sécheresse 2026 dans les Alpes-Maritimes et mentionnés dans l’arrêté préfectoral :
- recharge hydrologique déficitaire de 7 % par rapport aux normales (697 mm pour 752 mm attendus), avec des pointes à -20 % sur la Vésubie, le secteur Grassois et le littoral azuréen.
- déficit pluviométrique de 87 % au mois d’avril 2026 (13 mm mesurés pour une normale de 102 mm).
- déficit de précipitation de -15,5 % sur la période du 1er septembre 2025 au 26 mai 2026.
- 70 % des nappes suivies dans le département sont déficitaires par rapport aux moyennes saisonnières.
- baisse significative des débits entre avril et mai 2026 : l’Arturby (-250 l/s), Le Loup (-297 l/s), la Cagne (-145 l/s), la Brague (-81 l/s), l’Esteron (-2 850 l/s).
- assecs précoces observés dès le 25 mai 2026 sur plusieurs stations du réseau ONDE (Vallon de Maupas, Embut de Caussols, riou à Auribeau-sur-Siagne…) — 4e plus petit indice relevé depuis 2012.
- hausse des consommations d’eau de +18 % sur certains secteurs du département en avril-mai 2026 par rapport à la même période en 2025.
À ces éléments s’ajoute un contexte thermique aggravant : des anomalies de températures excédentaires tout au long de la période de recharge hydrologique (+3,47 °C en moyenne en avril 2026), conjuguées à une fonte accélérée du manteau neigeux en avril-mai 2026, ont compromis le soutien naturel aux débits des cours d’eau.
Ce que cela implique concrètement pour les acteurs économiques
Pour les entreprises et acteurs économiques du département, la vigilance sécheresse n’est pas qu’une alerte symbolique. Elle comporte des obligations pratiques et des responsabilités partagées.
En premier lieu, tout préleveur d’eau en situation administrative régulière doit faire connaître ses besoins réels et ses besoins prioritaires auprès de la Direction Départementale des Territoires et de la Mer (DDTM) dans un délai de 20 jours suivant la publication de l’arrêté, conformément à l’article R.211-67 du Code de l’environnement. Les demandes sont à adresser à : ddtm-secheresse@alpes-maritimes.gouv.fr
Par ailleurs, les débits prélevables et les débits réservés prévus dans les autorisations de prélèvement doivent faire l’objet d’un suivi attentif. Le non-respect de ces débits peut entraîner des sanctions pénales mais aussi des sanctions administratives (suspension ou retrait d’autorisation, amende ou astreintes).
Il est recommandé à chacun, particulier, collectivité ou acteur économique, de veiller à limiter sa consommation d’eau : remplissage des piscines, arrosage, bains, lavages divers… Que l’eau provienne de prélèvements dans les cours d’eau, les nappes ou des réseaux de distribution publics, la vigilance s’applique à l’ensemble du département.
Un appel à la solidarité : l’eau, bien commun du territoire
Au-delà des obligations réglementaires, la sécheresse appelle une réponse collective et civique. Dans un département où le tourisme, l’hôtellerie-restauration, l’agriculture et l’industrie exercent des pressions importantes sur la ressource en eau, chaque usage compte.
La préfecture rappelle que chaque citoyen et chaque entreprise, est appelé à être vigilant et à faire preuve de civisme et de solidarité, pour éviter de porter atteinte à la ressource en eau, bien commun précieux dont dépend l’ensemble du territoire.
A faire dès maintenant
- Déclarer vos besoins en eau à la DDTM dans les 20 jours
- Réaliser un audit de vos consommations d’eau et identifier les postes réductibles (process industriels, arrosage, nettoyage…)
- Vérifier le respect des débits autorisés dans vos arrêtés de prélèvement
- Suivre l’évolution des niveaux d’alerte sur vigieau.gouv.fr
- Anticiper des mesures de restriction plus contraignantes si la situation s’aggrave (niveaux alerte, alerte renforcée, crise)
La situation hydrologique des Alpes-Maritimes n’est pas inédite, mais elle s’inscrit dans une tendance de fond liée aux effets du changement climatique sur le bassin Rhône-Méditerranée. Les entreprises qui adoptent dès maintenant une démarche de sobriété hydrique se positionnent mieux pour traverser les épisodes à venir et préservent leur image auprès de leurs parties prenantes.
La CCI Nice Côte d’Azur suit cette situation et reste à disposition des entreprises du territoire pour toute question relative à la gestion de leurs ressources et à l’adaptation aux contraintes environnementales.





