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Karine BRUT, Tell Us Conseil (Nice)

« Les dernières barrières sont essentiellement dans nos têtes »

Rencontre avec Karine Brut, trésorière de la CCI Nice Côte d’Azur, dirigeante de Tell Us Conseil et déléguée de l’association Soroptimist, une ONG engagée dans l’émancipation des femmes.

À l’occasion de la journée internationale des droits des femmes le 8 mars, la CCI Nice Côte d’Azur met à l’honneur durant toute cette semaine des femmes chefs d’entreprise, engagées dans la vie économique du territoire azuréen et faisant partie des membres élu(e)s de la CCI Nice Côte d’Azur.

Depuis combien de temps dirigez-vous votre entreprise ?

Je l’ai créée il y a dix ans.

Dans quel domaine d’activité évoluez-vous ? Présentez-nous votre entreprise…

J’exerce dans le domaine du conseil en investissement financier. Nous accompagnons nos clients particuliers ou entreprises dans leurs investissements financiers. Nous faisons beaucoup de pédagogie car les Français manquent souvent de culture économique et financière. Nous militons depuis toujours pour que nos clients acceptent un risque mesuré mais pertinent en investissant dans des PME françaises. D’ailleurs, nous proposons en ce moment à nos clients, dans le respect de notre devoir de conseil, les premiers fonds labellisés Relance.

Vous êtes très impliquée dans la vie économique : quel est votre rôle d’élue à la CCI ? Exercez-vous d’autres mandats professionnels ou associatifs ?

Je suis trésorière de la CCI. À moins que les archives ne disent le contraire, il me semble être la première femme à exercer ce poste. Et d’ailleurs, je remercie le président Jean-Pierre Savarino de sa confiance et de sa volonté de mettre les femmes au premier plan. Mandatée par la CCI, je représente aussi les entreprises lors des commissions départementales des impôts. Par ailleurs, je suis Trésorière adjointe de l’UPE et déléguée de l’association Soroptimist Nice Azur.  C’est une ONG uniquement féminine dont l’objectif premier est l’émancipation des femmes partout dans le monde et dont la première représentante française a été Suzanne Noel, la chirurgienne, qui la première a « réparé » les gueules cassées de la première guerre mondiale.

Si vous deviez décrire votre approche du management en quelques mots, que diriez-vous ?

Assez banalement, il s’agit de faire ressortir le meilleur de chacun au service du collectif. La perfection n’existe pas. Le bon management consiste à amener chaque collaborateur au maximum de ses possibilités dans le respect du groupe. Ce n’est vraiment pas facile mais ce serait mon idéal. Tous les jours, on doit se battre contre soi-même pour ne pas verser dans la facilité qui consisterait à ne manager que des gens qui nous ressemblent ou qui nous conviennent. Car, ce serait se priver de la diversité de points de vue qui à force de s’y confronter fait aussi progresser le manager et le groupe.

Pour vous, est-ce toujours un challenge d’être femme et chef d’entreprise dans l’économie d’aujourd’hui ? Que reste-t-il à conquérir ?

C’est beaucoup plus simple que pour toutes les générations de femmes qui nous ont précédées. Et nous pouvons aussi remercier les hommes de nos générations pour les efforts qu’ils ont accomplis. Pour les femmes françaises, en tout cas, je pense que les dernières barrières sont essentiellement dans nos têtes. C’est là qu’il nous reste à conquérir le droit à l’ambition, le droit à l’erreur et à gagner la bataille de la sororité.