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Laure CARLADOUS, Spada Construction (Nice)

« Si c’est leur choix, les femmes peuvent tout réussir ! »

Directeur général de l’entreprise azuréenne (150 collaborateurs, 30 M€ de C.A) et président de la Fédération Départementale du BTP, sa personnalité directe a su s’imposer dans un univers pourtant réputé très masculin.

 À l’occasion de la journée internationale des droits des femmes le 8 mars, la CCI Nice Côte d’Azur met à l’honneur durant toute cette semaine des femmes chefs d’entreprise, engagées dans la vie économique du territoire azuréen et faisant partie des membres élu(e)s de la CCI Nice Côte d’Azur.

Depuis combien de temps dirigez-vous l’entreprise ?

Après mon diplôme d’Ingénieur à l’École Centrale des Arts et Manufactures de Paris, j’ai effectué mon début de carrière aux USA où j’ai passé au MIT un Master en géotechnique, puis travaillé pour Soletanche. J’ai rejoint l’entreprise Spada (reprise par mon père Paul Noiray en 1962) en 1988 comme Ingénieur étude de prix, puis contrôleur de gestion. Je la codirige avec mon frère Pierre depuis 1999.

Dans quel domaine d’activité évoluez-vous ? Présentez-nous votre entreprise…

C’est un groupe familial, positionné depuis plus d’un siècle parmi les leaders régionaux du bâtiment et des travaux publics. Nous avons deux activités principales : la construction et le développement durable, avec le stockage de déchets inertes. Depuis 2019, nous avons aussi créé un département promotion immobilière, piloté par mon neveu Florent Noiray qui désormais dirige le groupe avec mon frère et moi.

Spada, c’est à peu près tous les ports de plaisance azuréens (parmi 25 ports livrés en Région Sud, d’autres en Languedoc-Roussillon, Corse, Bretagne, Italie et même Tunisie), plusieurs portions de l’A8 dont le premier tronçon à péage reliant Fréjus à Mandelieu-la-Napoule. Mais aussi, la Croisette à Cannes, le stade Louis-II à Monaco ou encore l’extension de l’aéroport, le Mamac, le théâtre ANTHEA d’Antibes, le gros-œuvre du Palazzo Meridia (l’immeuble de bureaux en bois le plus haut de France), celui du bâtiment The Crown au cœur de l’Eco-Vallée, où nous sommes installés ainsi que le génie civil de la nouvelle station d’épuration à Cagnes sur Mer.

Vous êtes très impliquée dans la vie économique : quel est votre rôle d’élue à la CCI, exercez-vous d’autres mandats professionnels ou associatifs ?

Membre de l’assemblée, je siège également à la CCI de région. Après en avoir été secrétaire pendant trois ans, j’ai été élue en 2018 à la tête de la fédération départementale du BTP. C’est un secteur de poids dans l’économie azuréenne, rassemblant 5 000 entreprises avec plus de 22 000 emplois et un C.A autour de 3 milliards d’euros. Je suis également Vice-présidente de l’UPE06, où je représente la branche BTP. Sur le plan national, je suis administratrice de la Société Mutuelle d’Assurance du BTP et je représente la Fédération Nationale du Bâtiment au sein de Constructys, l’organisme opérateur de compétences de la construction. Sur un plan plus personnel, je suis par ailleurs vice-Présidente de l’association des Amis de l’Hôpital Lenval et rotarienne depuis bientôt 20 ans.

Si vous deviez décrire votre approche du management en quelques mots, que diriez-vous ?

Je ne suis pas forcément une grande participante, je le reconnais ! Mais il faut savoir avant tout faire adhérer les collaborateurs à un projet, une vision. J’évolue dans un monde très masculin, donc il faut s’imposer parfois. Aujourd’hui, je pense que le management est plus compliqué à réussir, car l’entreprise doit prendre en compte l’adéquation entre vie personnelle et professionnelle, par exemple.

 Pour vous, est-ce toujours un challenge d’être femme et chef d’entreprise dans l’économie d’aujourd’hui ? Que reste-t-il à conquérir ?

Dans cette région, je suis la première femme à la tête d’une fédération départementale du BTP. Il n’y en a eu que sept en France, avant moi. C’est d’ailleurs le faible nombre de femmes à des postes de responsabilité dans ce secteur qui m’a convaincue de me présenter à la présidence, après la passion de mon métier. Pour moi, on ne devrait plus avoir à imposer par des quotas des femmes dans des postes à responsabilités, des conseils d’administration… Mais il faut bien reconnaitre que cela a permis d’avancer. Des bastions à conquérir pour les femmes ? Bien sûr qu’il y en a encore ! Mais ce n’est pas que la faute des hommes, les femmes gardent parfois une approche ambivalente. Pour autant, si c’est leur choix, elles peuvent tout réussir !